Dans les commentaires sur le Da Vinci Code, Marine fait remarquer la présence d'une femme à la droite de Jésus. Prudente, elle ajoute que ce n'est pas nécessairement Marie-Madeleine.
Interrogeons-nous sur le sens de ces extrapolations :
- Il y a une femme assise à côte de Jésus ; cela signifie-t-il qu'elle est son épouse ?
Si Jésus s'est marié clandestinement avec cette personne, pourquoi la fait-il asseoir à sa droite dans un grand repas comme celui-ci ?
- Pourquoi vouloir à tout prix réinjecter de la sexualité dans la vie de Jésus ?
Plusieurs remarques : on peut s'asseoir à côté d'une personne, sans avoir d'intimité particulière avec elle.
- Il me semble que vouloir montrer qu'en fait Jésus avait une vie sexuelle vise à la fois à rabaisser Jésus (Il était comme tout le monde, en fait), et à sous-entendre qu'avoir une vie sexuelle, c'est quelque chose de sulfureux.
Or, je serais tentée de répondre deux choses :
- La vie sexuelle de Jésus ne nous regarde pas, pas plus que celle de nos voisins, amis, frères, soeurs, enfants...
- Et quand bien même Jésus aurait été marié, avec plusieurs enfants : Et alors ? C'est la vraie vie de tout le monde, non ? Où est le problème ?
Quant à savoir qui était réellement Jésus, c'est un véritable problème théologique, qui, je pense, peut éclairer le débat :
Deux théories s'affrontent : pendant longtemps, on a considéré que Jésus était, tout simplement, le fils de Marie et de Joseph, qui avaient d'autres enfants. Il n'était donc pas question de la virginité de la Vierge.
Jésus était considéré comme fils de Dieu, par sa capacité à entendre la parole divine, comme les autres prophètes, mais avec plus d'acuité.
Dans les premiers temps du christianisme, la question de la sexualité n'était donc pas considérée comme importante.
Vers le Xème siècle, Marie est devenue La Vierge, et là, la sexualité a changé de statut, et a été beaucoup plus mal considérée. Jésus est devenu le fils direct de Dieu, au sens biologique si on peut dire.
J'ai lu tout récemment que contrairement à ce que l'on croit d'ordinaire, ce n'est pas pour des raisons morales que l'Eglise a réprimé la sexualité hors et dans le mariage, mais bien pour limiter les naissances.
Ce qui montre que l'évolution de certaines conditions de vie (comme la mortalité infantile, qui a lentement régressé au cours des siècles) peut avoir un immense impact sur l'idéologie et la culture d'un peuple. Ainsi, plus les enfants survivent à leurs premières années de vie, plus il importe de ne pas en mettre au monde plus qu'on n'en pourra élever.
Pour conclure, je persiste : le tableau de Léonard de Vinci ne peut pas nous renseigner sur des faits survenus quinze siècles plus tôt !